Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 23:32


Si de l’aurore au crépuscule

On se débat, on se bouscule,

Dessous l’étreinte majuscule

De nos contraintes ridicules.

 

Pas de romans, des opuscules,

Et vu d’ici, c’est minuscule,

Dans le brouillard des particules

Élémentaires sous la férule.

 

Où sont les tables du festin ?

Où sont donc les fameux matins

Qui chanteraient à l’unisson,

Parfum de miel sur nos raisons.

 

Car au départ le postulat

Est pourtant clair, chacun pour soi.

Les concessions sont d’outre tombe,

Les hommes chassent les colombes.

 

Mais petit homme a peur de l’ombre,

Baise la main qui le rassure,

Et guidé par la loi du nombre,

Plonge en riant dans l’âge mur.

 

Où sont les restes du festin ?

Les tables d’or, les magiciens,

Les ménestrels, les fifrelins ?

A quand la croisée des chemins ?

 

Manquer à ce point de raison

En approchant à reculons

Du précipice au doux parfum,

Point d’orgue abhorré du destin.

 

Tout ce trajet pour vaciller

Aux portes mêmes des cités,

Que les prophètes ont vu briller

Depuis l’aube de l’humanité.


Repost 0
Published by Jean-Paul BARASTIER - dans poésie
commenter cet article
24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 23:29


Tu es né, mon Amour,

sous un rayon de lune,

éclairant une tour

qui me vole ma brune.


Tu es né un beau jour,

où Phebus au mitan

Dessinait tes atours

d'un pinceau aveuglant.


Tu es né au détour

d'un chemin de traverse,

à cette heure où le jour

bascule à la renverse.


Tu m'as pris mon Amour,

sur le sol gelé,

d'une aile de velours,

et m'appris à voler.


Tu m'offris pour toujours,

sur le sable des dunes

ces voyages au long cours,

au parfum d'algues brunes.


Tu m'offris plus que ça

et sans même y penser,

tu m'offris plus que toi

pour apprendre à danser.


Tu était, mon Amour,

le maillon qui manquait

de mes nuits à mes jours,

dont les fous se moquaient.


Tu n'es plus, mon Amour,

sous le ciel bas et lourd,

Tu n'es plus, mon Amour,

aujourd'hui c'est mon tour.


Repost 0
Published by Jean-Paul BARASTIER - dans poésie
commenter cet article
24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 23:28

 

Merci à vous, Ô mes souffrances,

Défiant enfin toute indolence,

Vos soubresauts gonflent mes voiles,

Tissant au loin d’étranges toiles.

 

L’onde mystique n’a d’horizon,

Qu’aux portes frêles de nos raisons,

Les têtes fendent sous l’ahan,

Quand bûcheronne le néant.

 

Questions cruelles, vous qui m’avez

Donné la force d’endurer

Le royaume aux plaines vides,

Et ses ombres déjà livides.

 

Et nous traversons sans comprendre,

sans reconnaître le vent mauvais,

qui l'étincelle va éteindre,

nous conjuguant à l'imparfait.


Repost 0
Published by Jean-Paul BARASTIER - dans poésie
commenter cet article
24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 23:27


Ma douce enfant

A l'esprit chatoyant,


Que n'ai-je avant l'heure

Su ce qu'à l'heure je sais,

Ou du moins crois savoir,

N'échappant à l'instant,

A l'orgueil de l'espèce.


Liberté, liberté chérie,

En ton nom l'on arrose

De carmin le chemin

Depuis l'aube des temps,

 

Mais ton goût doux-amer

A tôt fait de m'enjoindre

A quitter ces chemins.


Partageons mon amie

Ces sentiers de fortune,

La chaleur de la terre

Que ne battent les chausses

Suffira à combler

Nos esprits en éveil.


Repost 0
Published by Jean-Paul BARASTIER - dans poésie
commenter cet article
24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 23:25


C’est deux corps érodés par les larmes du temps

Qui font baisser les yeux des honnêtes passants.

Deux semblants de nulle part arrachés à l’enfance

Par un rêve de jouvence qui passe aux aveux.

 

C’est Ronsard et l’objet de ses plus beaux sonnets,

Deux gamins en goguette aux grands yeux étonnés,

Qui caressent du pied les trottoirs de Paris,

Et sourient aux moqueurs qui les trouvent un peu vieux.

 

C’est la main dans la main qu’ils s’en vont souriants,

Sous les ponts du faubourg où galopent les ans.

Il fait froid, ils s’assoient. La nuit qui s’avance

De poussière d’étoile a couvert leurs cheveux.

 

Mais le vent froid du nord ne les fait frissonner,

Sur un grand drapeau clair, quelques mots griffonnés;

Vers les soleils éteints de leurs pupilles sans vie,

Vois l’ultime coursier s’enfoncer dans leurs yeux.

 

« C’est l’hiver mon amour.

La saison sans retour

A gravé sur nos cœurs,

Tant de rires et de pleurs,

Que le soir nous est doux. »


 

Repost 0
Published by Jean-Paul BARASTIER - dans poésie
commenter cet article
24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 23:24


Vois-tu, je sais qu’un jour, il me faudra partir

Si le vent d’Erebe souffle le dernier feu

Et m’emporte par delà les froides brumes.

M’en aller loin d’ici et ne plus revenir

Que certaines nuits blanches, tout  au fond de tes yeux.

J’y pense souvent mais jamais ne m’embrume

Car en ce crépuscule, élu du destin,

Tu seras avec moi et me tiendras la main.

 

Et comme font les étoiles quand vient le jour,

Couvrir mon image d’un voile bleu azur.

Pour quitter ton regard et rester en ton cœur,

Au-delà de nos cieux, si brouillés et si lourds,

Sous lesquels un palais peut finir en masure.

Après moi passeront d’autres grands laboureurs,

Ne laissant de ma vie que les sillons fertiles

Dont les fruits ont nourri, nos espoirs fragiles.

 

Je veux, couché sur les plages de satin blanc,

M’abandonner aux dunes douces de ton corps

Et trouver enfin ce moment de l’infini

Pour oublier ce soir que les vagues du temps

Les caressent un peu plus à la nouvelle aurore,

Découpant sur ton dos des ailes d’uranie,

Qui, sous les cieux inconnus, sauront te porter

Vers mon âme qui ne fit, jamais que t’aimer.

 

Ne voir dans tes yeux que la pluie d’un soir d’été.

Dans tes larmes irisées, voir cette nef d’or

S’éloigner doucement vers un soleil nouveau.

Puiser dans ton regard la force d’espérer,

Découvrir avec elle toujours de nouveaux ports,

Sur les mers infinies d’un monde encore plus beau

Qu’en les rêves lointains d’un nommé Baudelaire,

Pour rester avec toi bien après qu’on m’enterre.

 

Repost 0
Published by Jean-Paul BARASTIER - dans poésie
commenter cet article
24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 23:22


J'ai cru te reconnaître en ces heures où l'Amour,

Balayant nos angoisses, attend la fin du jour

Pour poser sur nos fronts, emperlés de rosée,

Une larme de sang aux reflets irisés.


J'ai cru te reconnaître au bout de la jetée,

Balayée par les vents et les flots irrités,

Dans les douces vapeurs de ton coeur hydromel

Et le chant des sirènes qui insistent et m'appellent.


J'ai cru jusqu'à l'ivresse agripper les crinières,

Des chevaux de cristal que déchirent les récifs

Pour offrir à la lune un ballet de lumière.


J'ai cru voir exaucée mon unique prière

Mais nos âmes en peine sont de pauvres Sisyphes,

Qui charrient leur fardeau sur les chemins de pierres.


Repost 0
Published by Jean-Paul BARASTIER - dans poésie
commenter cet article
24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 23:21


Il suffit d’une étoile,

Bien trop belle en nos cieux,

Pour que tombe le voile

Sur un monde trop vieux.

 

Il suffit d’une étoile,

Mon amour dans tes yeux,

Pour qu’une nuit prairiale

Nous unisse tous deux.

 

Il suffit qu’une étoile

Enflamme un ciel d’été,

Pour que tes yeux bleu pâle

Se remettent à couler.

 

Il suffit qu’une étoile

Voit sa traîne entravée,

Pour qu’un soir sans tes voiles,

Tu oublies de rêver.

 

Notre amour est semblable

A ces perles d’azur,

Car eux seuls sont capables

De donner sans mesure

 

Ou la vie, ou la mort.


 

Repost 0
Published by Jean-Paul BARASTIER - dans poésie
commenter cet article
24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 23:19


Une nuit qu’éveillé, j’arpentais les éthers,

En un point de l’espace où se perd la lumière,

Quand de l’onde infinie dissipant le mystère,

Se dressa devant moi une porte d’hier.

 

M’approchant, je la vis qui changeait de structure.

Les battants se fondant, modèlent sur fond noir,

De mon corps énervé, la copie la plus pure.

Il semblait qu’à présent, je fixais un miroir.

 

Et mes mots sur ses lèvres se reflètent un à un,

Pour finir scintillant, emportés par le vent,

Dans l’onde assombrie aux reflets éclatants

Où la nuit vient baigner mille perles de satin.

 

En ciel de coelostat, le temps s’est arrêté.

Les secrets essentiels que nous cèlent les astres

Un à un se révèlent, parfums éventés

De flacons divins ignorés de vos prêtres.

 

Repost 0
Published by Jean-Paul BARASTIER - dans poésie
commenter cet article
24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 23:17

 

Avant que de succomber

Aux lumières des étoiles,

Je veux redessiner

Nos plus belles toiles.

 

Avant que de m’éloigner

Sur ce bateau d’argent,

Je ne veux conserver

Que ton rire d’enfant.

 

Que le vieux timonier

Ne pose pas de question,

J’ai baigné ma raison

De parfum d’olivier.

 

Avant que de naviguer

Vers la dernière étoile,

Sur le pont, je veux crier :

« Allons, montez les voiles! »

 

Et d’un geste de la main,

De tes yeux sécher les perles

Pour te dire que demain,

Reviendra le soleil.

 

Avant que les années

M’aient ravi ton sourire,

J’aimerais te donner,

La force de me survivre.

 

Repost 0
Published by Jean-Paul BARASTIER - dans poésie
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Jean-Paul BARASTIER
  • Le blog de Jean-Paul BARASTIER
  • : poésie, tous les poèmes de Jean-Paul BARASTIER
  • Contact

Recherche